Comunitat Valenciana

Je pars un peu tard de chez Romulo à Valence, mais du coup je suis aussi plus reposé vu que j'ai plutôt bien dormi, et je suis propre. Mes batteries sont pleines, mes vêtements propres et mon réchaud lavé. Ma journée...

Nous avons repéré des pistes cyclables qui sortent de Valence en passant le long de la côte. Avant de les emprunter, je fais un peu de shopping optimiste à Valence. Ce dont j'avais peur à propos de mes sacoches arrière Vaude s'est vu confirmer par le propriétaire du magasin de vélo à Barcelone : ses clients ont des problèmes avec les crochets des sacoches qui se brisent (ce qui n'arrive pas sur les Ortlieb). J'ai déjà constaté un changement d'aspect sur les miennes, avec un écart qui se forme entre les deux pièces. On dirait que c'est la seule chose sur mon vélo qui me posera problème à coup sûr, donc il faut que je m'en occupe maintenant, plutôt que d'attendre que ça casse en plein milieu du Sahara.

Apparemment Vaude vend un set de crochets pour les changer, ou alors en monter 4 au lieu de 2 par sacoche. Je ne sais pas où les trouver, je n'ai aucune réponse de l'équipe commerciale de Vaude et je commence à croire que cette marque n'a aucun contrôle qualité dans ses usines (ou alors minimal… je n'ai pas encore eu de problèmes avec ma serviette de bain Vaude!).

Je tente un magasin de vélos et un Décathlon plus ou moins sur mon chemin, mais ils n'en ont pas. Cependant, j'achète un nouveau pantalon pour remplacer l'ancien qui commence à avoir des trous trop gros pour être réparés. Je peux enfin quitter la ville pour essayer de faire quand même quelques kilomètres dans cette demie-journée restante. Je poursuis ma route au sein de la Communauté Valencienne, dans laquelle je me trouve déjà depuis que j'ai atteint la côte il y a 3 jours, mais je passe maintenant dans la Province de Valence.

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Vélo en train de prendre un ascenseur chez Décathlon

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Pistes cyclables à l'intérieur de Valence



La sortie de Valence se fait en douceur grâce aux pistes cyclables. Elles ne semblent être indiquée nulle part, en dehors d'Internet, mais elles sont super pratiques. Je passe à nouveau à côté de la Cité des Arts et des Sciences, puis par le port et enfin le long de la côte jusqu'à Sueca. Je n'ai pas trouvé de magasin pour acheter à manger en cours de route alors je m'arrête dans un resto pour prendre un menu du jour rapidos. Je tente l'anguille. Plutôt bon mais elle baigne dans l'huile. On va dire que ça me fait de l'énergie pour plus tard...

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Vers le port de Valence

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Sur la via verde le long de la côte

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Parc National d'Albufera

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Les champs d'oranger ne rendent jamais les armes

Je quitte le Parc National d'Albufera au moment où la nuit tombe. C'est une zone de loisir et de marécages où il ne fait pas bon camper, mais maintenant je suis entouré de champ d'oranger. Il est temps de réaliser mon rêve en plantant ma tente au milieu de l'un d'entre eux.

Après une longue nuit, trop chaude, je me réveille avant le lever du soleil. Il fait froid et sombre dehors, et suis en quelque sorte obligé de retourner au « lit ». Lorsque la lumière devient convenable, je remballe et je suis prêt pour une longue journée.

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Se réveiller au milieu des oranges



Bien que je me trouve dans un champ d'orangers, je n'arrive pas à en manger directement au petit-déjeuner (alors que le fromage passe très bien). En effet, je dois avoir mangé plus d'oranges au cours de la semaine dernière qu'au cours de l'année écoulée, au minimum. Les arbres à côté offrent un maigre changement de décor: des citronniers. Cependant, je trouve un truc pour profiter quand même des avantages du lieu: le shot de jus d'orange minute.

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Ramassez, percez, pressez, buvez

Après le froid de l'initial du matin, la température devient parfaite, le soleil est là, j'ai un peu de vent de face et les routes que je choisis sont vides. Vide, ainsi que les villages, qu'il me fait me demande si la chaleur pousse tous les gens à disparaître dans leurs maisons refroidis. Qui donne peu d'activité à regarder, et le paysage, toujours fait de champs d'oranges et d'olives, n'est pas non plus à couper le souffle. J'essaie d'avoir du plaisir en prenant les ronds-points l'envers tout en chantant, mais le vrai plaisir vient finalement avec les collines. Comme je prends des distances avec la côte, il y aurait enfin des fois quand mon élévation quitte la fenêtre [0 – 20 mètres]. Alors il grimpe de La Pobla del Duc, par le biais de Salem, jusqu'à 600 m.

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Au cours de l'ascension je trouve de nouveaux fruits: enfin une alternative aux oranges ! Le fruit du cactus est frais et délicieux, mais le bout de mes doigts, où je retrouve encore des mini aiguilles sournoise dans la soirée, se demande si cela en vaut bien la peine.

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Fruits dangereux

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Montagnes > Côte

Arrivé au dessus de la côte, je quitte la province de Valence pour la province d'Alicante, mais je suis encore au sein de la communauté autonome de Valence. J'aperçois Beniarrés, un barrage et la tout la vallée enfumée d'Alcoi.

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Le lac de barrage près de Beniarrés

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Il est temps de redescendre et j'arrive presque à Alcoi pour la nuit. Après Cocentaina, je prends un chemin en montée, à l'écart de la route, pour trouver un endroit afin de camper. Mission réussie, même si j'entends bien la route. Après les oranges, je dors maintenant dans les olives. Je cuisine pendant que la tente fini de sécher et je remarque que j'ai une meilleure vue sur les panneaux lumineux de Carrefour et Décathlon que sur les montagnes. Je n'avais pas réalisé que j'étais si près d'une grande agglomération. Alcoi doit être une ville de taille respectable. Je n'avais pas non plus fait attention au train qui passe ici, jusqu'à ce que la terre se mette à trembler alors que le train disparaissait déjà dans le tunnel situé sous ma colline.

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Bien qu'on soit au cœur de l'hiver, je sens bien que je peux continuer à pédaler plus tard qu'auparavant. Je me suis arrêté à 18h aujourd'hui, alors que d'habitude il y a juste assez de lumière à cette heure là pour trouver un endroit où camper. Avant je devais plutôt m'arrêter vers 17h30.

J'ai bien dormi et suis bien content maintenant d'avoir un saucisson avec moi (fuet). Je voyageais sans saucisson depuis Barcelone. Grosse erreur. Un saucisson ça vous change la vie et le repas...

Le lendemain matin, je remballe et je décolle, mais le vrai réveil intervient quand j'aperçois un écureuil. Je le poursuis dans les arbres...avec mon zoom à fond. Mes jambes me font signe que la journée va être longue.

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Spip du matin



J'en profite pour être tôt au supermarché à Alcoi pour faire des courses rapidement. Avant je prenais mon temps pour choisir la nourriture. Comme je ne suis pas difficile et mange tout ce qui est comestible, ça ne rends pas la tâche facile. Maintenant je fais plus simple, je me rue sur le pain, le fromage et le saucisson (pour le déjeuner) et les trucs rapide à cuir pour le dîner : les plats à base de riz. Genre Uncle Ben’s Express et autres. C'est prêt en 3 minutes et c'est meilleur et plus consistant que des nouilles.

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Drôle de nom pour des pompiers

Une chose que j'aime en Espagne, c'est que l'eau potable est largement disponible dans toutes les grandes villes et petits villages. Il y a beaucoup de fontaines et de robinets partout. En France, quand on trouve une fontaine, elle est la plupart du temps accompagnée du panneau "Eau non potable".

Le truc qu'on voit encore plus souvent que les fontaines c'est les loteries. Les gens vendent des billets de loterie partout : dans des petits baraques dans les rues, avec des vendeurs ambulants, dans les restaurants et les boutiques … partout.

Je quitte Alcoi pour entamer le plat principal de la journée: des collines à la sauce colline. Je débute par une nationale tranquille jusqu'à Ibi. Juste avant d'y entrer je bifurque pour prendre la direction d'Onil et de Castalla, mais je n'échapperai pas au col à 1000m.

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Prochaine étape : un autre col situé entre ces deux cornes

Après Castalla, je choisi la route la plus courte, qui est aussi la plus raide, la plus difficile et la plus tranquille, et qui m'amènera de l'autre côté de la petite chaîne de montagnes locale : Sierra de Castalla. Je devrais atteindre les 1097 m.

Quelque peu excité par la montée, je rate la petite route qui est le chemin normal pour monter, et je m'engage dans une route encore plus petite qui dessert les fermes. Je me rends compte que ce n'était pas trop une bonne idée quand l'asphalte disparait pour faire place à la terre. Un peu plus tard, l'idée devient franchement mauvaise quand la terre se tapisse de pierres. Impraticable...

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Le fuet aide dans les moments difficiles

Je n'en ai pas pour longtemps, 5km maxi d'après Google Maps, alors je continue. Ca devient vraiment dur à certains endroits où la pente est très raide. Ce n'est pas marrant de pousser un vélo bien chargée dans les cailloux. L'altimetre grimpant sans arret, j'ai l'impression que je vais faire tout le col comme ça.

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La situation s'améliore à la fin

La piste rejoint finalement la route goudronnée. Cela fait plus d'une heure que j'attendais ce moment. Je devrais me réjouir instantanément, mais en fait non: la pente de la route est aussi raide que celle de la piste.

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La route est couverte de noms, apparement la Vuelta est passée par là

Une fois en haut, au Collado de Pradell à 1097 m, il y a un schéma du col avec la pente indiquée par segment. Elle varie entre 15 % et 22 %. Derrière moi, je vois un panneau indiquant 20 %. Parfois, il vaut mieux ne pas savoir à l'avance.

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20 % …

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Une aire de jeu pour Jimenez

La descente est agréable jusqu'à Elda, une assez grande ville que j'évite pour poursuivre vers le sud-ouest.

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Coucher de soleil sur Elda

Pas facile de trouver un endroit pour camper. Le sol est principalement rocheux. Les quelques habitations sont gardées par d'énormes chiens aboyant de façon très agressive. Je pédale encore apres le coucher du soleil. jusqu'au premier village appelé La Romana, en quete d'un restaurant pour dîner et recharger la batterie de mon ordinateur portable. Je commence tout d'abord par trouver un endroit convenable pour camper à la périphérie du village et je me dirigez vers la route principale. Heureusement, il y a deux bars-restaurants ouverts, dont un où les gens fument à l'intérieur, donc le choix est vite fait.

Tout en mangeant et en triant mes photos, je rencontre Dioni qui s'arrange pour que je reste chez le patron, Victor.