Lyon en 3 jours

Les grossses pluies sont passées lors de mon séjour à Pontarlier et j'ai pu m'occuper de quelques bricoles en attente. Il reste une activité que j'ai remise à plus tard, le montage d'une vidéo de yoyo à vélo dans les montagnes suisses.

J'ai pu aussi revoir le contenu de mes sacoches. J'ai viré un bouquin et des documents pour les remplacer par des produits de purification d'eau, une casquette et une crème hydratante pour peaux sèches. J'ai aussi remplacé ma veste et une paire de chaussettes par des versions plus légères en partant du principe que la Suisse constituait la partie la plus froide du voyage (j'espère que les Pyrénées vérifieront cette hypothèse).



Je pars vers le sud pour de vrai maintenant. Je quitte Pontarlier (assez tard dans la journée) par le lac Saint-Point, dont j'ai faisais régulièrement le tour à vélo le weekend ou pendant les vacances quand j'étais au collège. Malgré mes 4 jours de repos, les muscles de mes fesses me rappellent à l'ordre en me faisant comprendre qu'ils n'ont pas oublié leur travail de la semaine passée.

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Port Titi, Lac St Point

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Je poursuis vers le sud, traversant des villages très paisibles. Je ne croise pratiquement aucune voiture et les villages semblent déserts. Je n'ai pas le luxe d'une route dédié aux vélos comme en Suisse mais au final, sur des routes de campagne françaises, cela revient presque au même. Et ça va plus vite.

Pour la première fois depuis mon départ, j'ai le sentiment d'atteindre une vitesse de croisière respectable. J'en ai l'heureuse confirmation lorsque je suis flashé par le panneau indicateur de vitesse à l'entrée d'un village : 30 km/h. Ces dispositifs fonctionnent rarement avec les vélos. Et 30 km/h représente plutôt une bonne moyenne sur une route plate. Je ferais plutôt du 20 km/h si j'avais chargé mon vélo comme un camion et monté des pneus de 5cm de large. La route oscille entre 800m et 1000m d'altitude, sans montées raides. C'est une promenade agréable; tout, autour de moi, est vert. Bien que la journée touche déjà à sa fin mon objectif est de sortir des bois et trouver un endroit plus bas et plus au chaud pour camper. Il fait toujours assez froid.

Je laisse le Doubs derrière moi pour entrer dans le Jura. A ne pas confondre avec le Jura Suisse, situé dans des latitudes plus septentrionales. Le Jura français est au niveau de Nyon et Genève quasiment. Enfin bon, dans l'ensemble, ce sont toutes les même collines, arbres et vallées.

Mon objectif n'est pas totalement atteint puisque je dors à 735 m, avec une température de 5° C pendant le coucher du soleil. Le décor est la pour compenser, avec le soleil se couchant au moment où j'atteins les Cascades du Hérisson, une série de chutes d'eau le long de la rivière Hérisson. J'apprécie toujours de camper à coté d'une chute d'eau. Cela permet d'avoir de l'eau pour cuisiner et se laver, un bruit de fond et un payage animé où se reposer.



Après le réveil à coté de la chute d'eau, je ressens le besoin de faire un petit jogging le long des Cascades du Hérisson histoire de me reveiller et de me réchauffer. Ce lieu à été le témoin d'une activité industrielle (travail du fer) durant 7 siècles, jusqu'à l'aube du 19ème.

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Je longe ensuite la “ Route des Lacs ”. Cette partie du Jura semble entièrement façonnée par l'eau : les canyons, les vallées, les routes, suivent les cours d'eau … le froid n'enlève rien à la magnificience du lieu.

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Jura
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L'Ain

Apparait alors ce que j'avais repéré sur la carte et qui avait l'air drôle : le lac de Vouglans. Il est né en 1969, quand le barrage de Vouglans fut construit. L'eau a rempli la vallée tortueuse sur 35 km. Il ressemble à un serpent sur la carte et dans la réalité aussi. Désormais, ma route se complexifie car je voudrais traverser le lac en deux parties, sur le pont de la Pyle et à la fin, sur le barrage lui-même.

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La route est mouillée
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Lac de Vouglans

Le lac est censé être le lieu d'entrainement de l'équipe française d'aviron. Il est calme et en quelque sorte protégé du vent. Des routes aussi, car aucune ne suit le contour du lac. Cela me fait faire des hauts et des bas si je veux trouver des points de vue. Je me rapproche de Moirans-en-Montagne et au lieu de poursuivre jusqu'à Oyonnax, je tourne à droite en direction du barrage. Malheureusement je ne pourrai pas le traverser en vélo, mais au moins j'ai trouvé un bon point de vue en hauteur pour observer ce morceau de 545 000 m3 de béton (la moitié du volume de l'Empire State building).

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Barrage de Vouglans, fournissant 250 MW à la station de Vouglans

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Quelques kilomètres en aval du barrage de Vouglans, un autre barrage
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Et un peu plus loin, un troisième

À la fin de la journée j'arrive à Thoirette, qui est la ville la plus méridionale avant d'entrer dans le département suivant. Je n'ai pas de réseau depuis une dizaine de kilomètres, et mon téléphone est en itinérance avec une carte SIM locale.



Je me lève tôt pour être sûr d'atteindre Lyon ce soir, avant le coucher du soleil. Entrer dans une grande ville n'est jamais très drôle, et la nuit n'arrange pas les choses.

Je continue de pédaler le long de l'Ain et ses magnifiques canyons. Mais aujourd'hui, le jour est plus lent à se réveiller que moi.

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La “magnifique vallée de l’Ain”

Le brouillard est épais et la visibilité entre se situe entre 20 et 50 mètres. Les panneaux m'annoncent plein de belles choses visibles en temps normal... mais pas aujourd'hui.

Comme je ne vois rien je descends de mon vélo pour visiter une grotte, la Grotte de Corveissiat. Je ne suis plus en Suisse et les panneaux sont là pour me le rappeler. Impossible de trouver un endroit facilement grâce à eux sans jouer un peu à la devinette. Hier, j'ai raté un site d'empreintes de dinosaures “ le long de la route reliant Coisia à Thoirette ”, que j'ai empruntée. Tout ça en étant à vélo... On va dire que c'est de l'entrainement ou du pré conditionnement en vue des prochains pays à traverser…

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Sur le chemin de la grotte de Corveissiat
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Grotte de Corveissiat

Las, vers midi, le brouillard me colle toujours aux basques et m'empêche de profiter du paysage. La visibilité est au moins aussi bonne que si je faisais de la plongée en eaux profondes, mais il y a moins d'animaux intéressant à voir ici. Un cheval par ci, une vache par là. Un écureuil vient me voir sur la route. J'aperçois un bout de ciel bleu pendant quelques minutes, au sommet d'une colline, mais pas plus. Je décide alors de quitter la "magnifique" vallée de l'Ain pour virer un peu plus à l'ouest, dans la Dombes.

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Je remarque à un moment donné que mes cheveux sont mouillés. Pourtant il ne pleut pas et je ne suis pas en train de suer à grosse gouttes. Mes vêtements sont également couverts de petits cristaux. Pédaler dans cette purée de poix pendant plus de la moitié de la journée ressemblait plus à séjour dans un hammam froid avec de la "vapeur froide". Ma tente était également très humide ce matin, alors qu'il n'a pas plut.

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Une fois sur l'autre côté de l'autorout et du chemin de fer, c'est le domaine de la Dombes. C'est une région plate remplie d'étangs. Le ciel vire enfin au bleu et me rappelle combien il fait bon se réchauffer le dos au soleil. La dernière dizaine de kilomètres le long de la “ Route des étangs ” en direction de Lyon est agréable : des routes toute droites, des étangs et des animaux.

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Parfois, les panneaux de signalisation ont des sous titre pour le moins étrange

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Le pictogramme n'est parfois pas très réaliste

Heureusement pour entrer dans Lyon je peux suivre le Rhône sur la rive sud. Il y a un chemin à pied/vélo qui m'emmene directement dans la ville, en évitant ainsi le plus gros du trafic, que j'ai déjà eu à affronter dans les villes de banlieue. Et que je n’aime pas du tout.

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Le trafic est beaucoup mieux vu d'en haut

Je retrouve Aurélien et Diane rapidement et je suis bien vite sec, au chaud, propre et rassasié. C'était une belle balade à travers la verdure, les petits villages et beaucoup d'eau.

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