Je quitte Laguiole dans l'après-midi, bien reposé après un agréable séjour à Laguiole chez Dany et Georges. Le vent souffle très fort. Sur leurs conseils je prends la route traversant le plateau de l'Aubrac jusqu'aux gorges du Tarn. Le prix à payer est une ascension de 300 mètres, de 1000 m à 1300 m, mais il fait chaud, le ciel est bleu, la pente est douce et mes muscles ont bien récupéré.
La route avant d'arriver à Saint-Urcize est super belle. Sur le (assez) haut plateau de l'Aubrac, ma petite route m'emmène tranquillement à travers cette « petite Mongolie », de ferme en ferme. Le ciel et le paysage sont très jolis. Parfois j'ai même un vent arrière et je peux profiter du pyasage en toute simplicité sans pédaler.
Etant donnée que j''emprunte majoritairement des routes de campagnes pour éviter la circulation, je fais aussi un Tour de France des « zones blanches », c'est-à-dire des zones reculées où un seul opérateur est présent et partage son réseau avec les concurrents (moyennant une contrepartie financière (répercutée sur le client au final)). Du coup j'ai été en itinérance dans le Jura, dans le Cantal et maintenant à nouveau dans l'Aveyron. Pour avoir une bonne couverture local il me faudrait quasiment une carte SIM par opérateur.
En arrivant sur Saint-Urcize, je la possibilité de traverser 3 départements et 3 régions en l'espace de quelques minutes: Midi-Pyrénées, Auvergne et Languedoc-Roussillon. Avec un rythme pareil je devrais atteindre le Cap d'ici demain.
Le vent me pousse parfois mais globalement je l'ai de face. C'est le vent du Midi, venu du Sud. Et je vais plein sud désormais. Je suis à bas régime, atteignant une moyenne de 7 km/h (encore moins que contre le grand vent islandais) sur route goudronnée. C'est juste ridicule, j'ai mal au dos, je fais beaucoup d'efforts pour me tailler un chemin face à cette force invisible et omniprésente et l'aiguille du compteur kilométrique reste désespérément bloquée. La force du vent est tel qu'il arrive même à faire tourner mon mini rétroviseur. Ce miroir est une invention géniale, fixée à une extrémité du guidon, tellement simple mais ô combien utile. Je peux voir qui me double et voir en un clin d'oeil si la voiture ou le camion va me raser les moustaches ou non, tout ça sans quitter la route des yeux.
Il n'y a rien autour de moi. C'est beau, mais pas très accueillant avec ce vent fort. Les quelques arbres visibles sont agrippés aux talus et il n'y pas âme qui vive, et pratiquement aucunes constructions artificielles aux alentours. Je continue jusqu'à 17h puis jette mon dévolu sur deux maisonnettes en pierre. J'éspère pouvoir être à l'abris du vent en m'installant juste derrière elles.
Il se trouve que l'une d'elles est ouverte et je peux du coup m'abriter à l'intérieur. Je n'ai aucun réseau téléphonique, mais aussi pas de vent du tout. Les dieux de l'hébergement de dernière minute m'ont sauvé la mise une fois de plus. J'ai une planche en bois sur des briques en guise de lit, une installation identique servant de table, 3 bougies et une croix. La flamme de la bougie ne danse pas, signe que je suis abrité du vent que j'entends siffler et mugir à l'extérieur.
Quand je sors de mon refuge, en ce dimanche matin, l'atmosphère est très humide. Il ne pleut pas, mais avec le brouillard et les particules d'eau en supsension, c'est tout comme. Je dois y aller de toute façon, avec l'espoir qu'une fois hors de ce plateau de l'Aubrac (je suis encore à 1300 m d'altitude), le ciel sera plus dégagé.
J'arrive à Saint-Germain-du-Teil, où je peux me ravitailler grâce à la boutique qui est ouverte le dimanche matin : pain x 2 fromages locaux x 2 (1 paire consommée directement sur place) et je suis bon pour la journée. Je quitte rapdiement l'Aubrac en m'engageant dans la descente abrupte menant à La Canourgue. Je suis maintenant « en bas » à 500 m et suis impatient de pouvoir rejoindre le canyon du Tarn, fortement conseillé par Laurent il y a 4 jours.
j’aime bien la bougie informatique dans ton auberge pour cycliste !
Te presse pas trop, le Sud est sous la pluie jusqu’à jeudi.
Sympa ton auberge de jeunesse dans l’Aubrac !